8. Villes nouvelles entre ame?nagement territorial et politique

« La de?cision de cre?er une ville nouvelle, comme il en va pour toute infrastructure
magistrale, proce?de toujours, initialement, d’un grand dessein, appuye? par un choix
politique. »5.
En effet, cette citation illustre bien le fait que la cre?ation d’une ville est dans la plupart
des cas, le fruit d’un choix politique dans le but de servir des projets lie?s a? la socie?te?. Il
est donc possible de traduire cela comme un outil d’ame?nagement du territoire. On le
retrouve d’ailleurs particulie?rement dans le cas des pays de l’union sovie?tique, ou? ont
e?te? construites plus de 1200 villes nouvelles.

En re?alite?, la ville nouvelle doit ge?ne?rer une identification culturelle et sociale de part
l’image projete?e a? travers son cadre architectural et urbain. Les villes nouvelles sont
donc un moyen d’exercer un contro?le sur des territoires nouvellement acquis, proches
de certaines frontie?res ou politiquement instables. Cela existe depuis le de?but de la
cre?ation des villes nouvelles. Les villes romaines en sont un bon exemple car elles
e?taient un outil privile?gie? dans le but de stabiliser les nouvelles colonies.

Ainsi, et jusqu’a? aujourd’hui , plusieurs pays ont lance?s des projets de villes nouvelles, a?
travers les plans d’urbanisme et les sche?mas directeurs, dans le but de re?e?quilibrer et
orienter la croissance urbaine dans certaines re?gions. Par exemple, en Grande
Bretagne, les villes nouvelles ont participe? a? la strate?gie de re?e?quilibrage entre le sud
Est trop dynamique, et la re?gion industrielle du Nord. On distingue des exemples de
cette strate?gie e?galement en France. Notamment a? travers le sche?ma directeur de l’i?le
de France qui a pre?vu de re?aliser, entre 1965 et 1994, des projets urbains de grandes
envergures a? l’est de paris (comme la ville de Marne la Valle?e), dans le but de relever la
balance e?conomique de cette re?gion en lui attribuant un ro?le de po?le touristique
international.

Par conse?quent, et comme e?voque? plus to?t, les villes nouvelles sont un bon moyen de
servir et re?aliser des objectifs en relation avec des projets d’e?tat ou de socie?te?.
Cependant, il existe des exception comme dans les pays des USA ou? l’intervention de
l’e?tat dans l’urbanisme est tre?s limite?e. Son ro?le est donc repris par des grandes firmes
en cre?ant des company towns dans le but de regrouper leurs activite?s et loger les
fonctionnaires. Le ro?le du secteur prive?e dans la ta?che de cre?ation de villes nouvelles
n’est donc pas ne?gligeable.

Politiquement parlant, la ville nouvelle repre?sente une que?te de stabilite? sociale. Ce type
d’intervention est perc?ut par les politiciens comme une opportunite? de prouver leur
aptitude a? re?soudre la crise de l’habitat. Cependant, les tentatives d’inte?grations des
classes sociales a? faible revenus au mode de vie des classes moyennes par des
facilite?s d’acce?s a? la proprie?te?, sont souvent des e?checs.

En effet, la recherche de consensus social a toujours nourri les ide?ologies des villes
nouvelles. Les responsables politiques, ayant le devoir de repre?senter leur socie?te?, se
doivent de mate?rialiser les exigences et les demandes sociales a? travers des strate?gies
d’ame?nagement de l’espace.